Ville

Janvier explosé

Ce titre est moche. Mais je ne sais pas si le déroulé de ce mois-ci n’est pas pire que son nom. Il va falloir fouiller pour lister le positif, voir patienter deux jours… comme ça, on sera en février ! Haha. Trève de plaisanterie, janvier a commencé enneigé. De l’intérieur. Partout. Dans chaque recoin. Déjà le positif s’annonçait dur à ressentir. Un artisan devait faire des travaux à la maison pendant notre absence. Ils les a fait, absolument tous, dont la découpe de travertin en plein couloir sans rien protéger. Tu rentres donc chez toi de nuit après un long voyage, plein de gratitude, et tu es heureux de poser tes valises et d’aller te coucher. Puis le lendemain au réveil, avec la lumière du jour, du blanc partout, tu comprends qu’il y a un problème. La maison est recouverte d’un film de poussière blanche, où que tu ailles, quoi que tu poses, tu nages dedans. La crise d’angoisse devra se faire en arrière-plan, sortez les aspi et serpillères, plusieurs jours de nettoyage au programme. Moralité, pas d’artisan solo à la maison même si on le connait et qu’on lui a dit de découper en extérieur ok ? Surtout quand on démarre un nouveau travail quelques jours après son retour et surtout quand ton chien fait une portée surprise quelques semaines avant sa stérilisation hahaha. Ah oui j’avais oublié de préciser ces deux détails et encore cinq ou six autres que je laisserai de côté.

Bon ensuite rien d’incroyable : nettoyage, tri, rangement, épuisement, maladie. Quand c’est fini et qu’on s’entête à ne rien comprendre, on recommence et ça s’amplifie. On mange des sandwichs, on croit que ça fait gagner du temps alors que ça fait juste mal au ventre et puis voilà, BOUM! KO technique.

2e jour d’arrêt maladie car je suis… explosée !! J’ai cru que j’allais tout mener de front et nier qu’un certain vendredi soir, mon petit travail d’agent de recensement de la population pour la mairie m’a mise dans une situation où j’ai bien cru ne jamais revoir ma petite famille. Un certain numéro 16 m’a dit gentiment qu’il était armé, qu’il avait fait de la prison pour avoir défenestré plusieurs personnes, que sa femme était morte dans ses bras une semaine plus tôt. Que j’avais de la chance car il était sous sédatif sinon il explosait la tête des gens contre les murs, d’où les traces partout autour de moi, qu’il n’avait peur de rien, etc. Moralité ne pas frapper aux portes toutes défoncées, c’est un signe. La semaine d’avant, un autre monsieur qui m’avait accueillie avec un couteau à cran d’arrêt mais qui était au final très gentil et qui s’était confondu en excuses me disait que dans ce secteur les gens se méfiaient et n’avaient pas l’habitude des visites. Souvent en conflit avec un proprio car les logements frisent l’insalubrité et ça n’aide pas à être très relax… Bref j’ai découvert un autre côté du Vigan et j’ai arrêté de me plaindre de ma maison pourrie.

Puis il y a eu les courriers que je devais déposer au numéro 6 mais l’incendie de la veille en avait emporté certains et déplacés d’autres. Ca m’a fait vraiment mal au cœur. On peut relativiser ce que je décris plus haut mais là c’est plus compliqué. Je me suis demandée pourquoi je faisait remplir des questionnaires « légèrements intrusifs » alors que pas mal de personnes galèrent en centre ville. C’est vrai que j’aimerais faire quelque chose de plus utile la prochaine fois.

G. me demande toujours pourquoi je fais tous ces trucs au lieu de vivre ma vie tranquillement. Parfois j’ai du mal à m’écouter et je dérive de fausses bonnes idées en fausses bonnes initiatives. Osons écrire qu’à la base, le recensement tel que mené par l’INSEE, ne colle pas vraiment avec mes valeurs de liberté. Mais peu importe, c’était riche en enseignements ce mois de janvier…

Bises à Lucette qui n’aime pas les voisins au point d’acheter autour de chez elle, Suzy qui ne sort plus car « les gens l’emmerdent », Philippe qui aide son prochain sans se poser de questions, bravo aux pro de la rénovation qui ont su mettre en valeur les vieilles pierres et évacuer le moisi, merci aux multiples cafés et aux fous rires concernant le questionnaire, et enfin clin d’œil aux décos de cages d’escaliers qui vont voyager dans le temps autour des Quais…

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