Education - Humain

Être humain, être soi

Écrire en ce moment me libère. Je n’ai pas envie de faire autre chose pour l’instant alors j’ai décidé de m’y consacrer entièrement. Quand j’écris j’ai l’impression de transférer des choses que je ne pourrais pas transmettre autrement. Je ne suis pas bonne oratrice. Je n’aime pas m’adresser à un public – entendez plus de 3 personnes – car je trouve qu’on porte trop facilement un masque et/ou que l’on entre vite dans un rôle dès que plusieurs paires d’oreilles sont attentives à ce que l’on prône. Je l’ai fait par le passé et j’aimais le challenge mais l’égo y était pour beaucoup. Aujourd’hui je trouve que la discussion où je m’applique à écouter ce qui est dit en face, représente un exercice bien plus enrichissant. Néanmoins je peux encore m’y perdre, surtout sur des sujets qui me tiennent à cœur. Alors je reviens à mes premiers amours : l’écriture. Cela peut paraître redondant : puisque je tiens un blog, c’est que j’écris, mais en réalité non. Ce blog n’est qu’une transformation de l’ancien site de ma boîte de conseil en entreprise.

Depuis un an, j’abandonne, je lâche, je transforme. Février 2023, j’ai laissé mon poste de chef de projet informatique chez CDC Habitat à Montpellier. Mission facile, très bien payée mais impossible à tenir. Des angoisses existentielles sur le pourquoi-du-comment-de-qu’est-ce-que-je-fais-là. Des maladies à répétition. Août 2023, je tente le recyclage. Je me voile la face sur mon activité en me disant que c’est le client qui cloche. Que des entreprises locales me conviendront bien mieux. Je prends un local en centre ville en me disant que je vais mener ma vie de famille déjà bien remplie avec une activité ultra chronophage qui me vide de toute mon énergie. Vas-y Titi. La suite on la connait, c’est « janvier explosé ». Le bureau Place Bonald, j’en ai rendu les clés. La mission de recensement, elle, a été écourtée.

Donc j’écris

Et puis c’est tout. Sauf qu’en 36 ans c’est bien la première fois que j’arrive à me contenter d’une chose qui me plait. Sans la refouler pour aller chercher des activités sans queue ni tête, motivée par la peur de manquer d’argent, de ne pas être à la hauteur (de quoi on se le demande… probablement de stéréotypes de working girls de séries à deux francs..), peur d’être inutile, de ne servir à rien et j’en passe.

J’écris, je ne corrige que les fautes d’orthographes et le reste ne me regarde pas =)

C’est bien dommage qu’on ne pousse pas les petits humains dès le berceau à s’écouter. Pour de vrai. Savoir ce qui nous plait ou pas. Car une fois perdue, c’est un vrai travail de retrouver cette capacité. Elle est comme brûlée ou anesthésiée. On a aussi perdu l’habitude de faire sans se préoccuper de ce que les autres pensent, faire quelque chose juste parce que ça nous fait du bien. Et pareil, ça met du temps à revenir et il faut y consacrer du temps pour repartir avec légèreté sans se mettre de pression.

Alors ok, le travail au Vigan, c’est un vrai sujet à part entière. Mais je ne vais pas m’épancher sur les soi-disant risques financiers encourus lorsqu’on choisit de vivre une expérience qui diffère du métro-boulot-dodo. Je crois que lorsqu’on se sent appelé à faire autre chose, le déni n’apporte que des impasses et qu’elles deviennent assez douloureuses avec le temps. A vouloir jouer la working mum en septembre dernier, mes enfants et moi-même ramons encore pour retrouver une organisation simple et un quotidien serein. Pas grave, cela fait partie du chemin. Et de toute façon, je ne me vois pas dire à mes enfants d’écouter ce qu’ils ont à l’intérieur alors que je n’applique pas ces précieux conseils moi-même.

Alors voilà, j’y suis. Inspirée par G. et sa musique, F. et ses sourcils ou encore N. et sa cuisine, voilà que j’écris. Du moins, j’écris officiellement que j’écris haha.

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